Temple protestant de Jolimont

Le protestantisme de la seconde moitié du XIXe siècle est marqué en Europe par un mouvement appelé « réveil ».  Ce courant est caractérisé par un renouveau théologique face aux doctrines de Calvin et Luther, ainsi que par la volonté d’attirer à la foi protestante un plus grand nombre d’adhérents.  C’est essentiellement dans les grands centres industriels que ce mouvement de « réveil » aura du succès.  Ainsi, il est importé d’Angleterre où débuta la révolution industrielle vers 1780 ; et il se concentra surtout en Wallonie sur l’axe minier Charleroi-Centre-Borinage.  Le « réveil » protestant s’attache à « convertir » les ouvriers qui, tentant d’échapper par tous les moyens à la misère du moment, sont vus comme manquant de moralité.

La communauté protestante de Jolimont n’échappe pas à ce contexte historique.  Elle éclôt en 1878 sur le site industriel de Longtain.  Pendant une dizaine d’années, elle restera embryonnaire sous la conduite de pasteurs éphémères, et sans lieu de culte fixe.  Elle se réunira en effet successivement dans une salle de danse, puis chez l’habitant. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’un temple sera construit au « T’chau coron », ainsi appelé pour le nombre de cafés que l’actuelle rue Henri Aubry comprenait alors.

 

UN TEMPLE À JOLIMONT

Ce n’est qu’en 1890 que débute la construction d’un temple plutôt modeste à Jolimont.  Il sera rapidement édifié et inauguré en novembre 1891.  Il est situé à l’emplacement du temple actuel, au « Chemin du Bouly ».  Cette expression désignait à cette époque les actuelles rues Ferrer et Aubry car, à l’emplacement de l’Hôpital de Jolimont se situait un résidu de la forêt charbonnière appelé « Bois du Bouly » c’est-à-dire bois de bouleaux.  On peut encore en voir des traces en passant dans les rues situées perpendiculairement à la rue de Longtain, derrière La carrière de ce premier temple fait long feu.  Dès 1892, il est quasiment hors d’usage.  Des fissures dues aux dégâts miniers le lézardent.  Il faudra toutefois attendre 1913 pour qu’un compromis soit trouvé avec les sociétés de mines : elles acceptent d’indemniser les dégâts, à condition que l’ancien temple soit démoli, et un nouveau reconstruit.  Pour financer ce second temple, d’aspect plus solennel que son prédécesseur, des souscriptions seront lancées à travers la Belgique protestante.Un aspect fut négligé : le terrain sur lequel est bâti ce nouveau temple est le même, toujours menacé par les galeries de mines.  C’est pourquoi il dut être fermé au public de 1995 à 1997 afin d’être consolidé et remis à neuf à l’intérieur, grâce à l’intervention de la commune de La Louvière.